C'est tout chaud, ça vient de paraître : le volume des algues vertes ramassées en Bretagne en cette fin octobre 2011 est énorme, presque 66 000 m3[1]. Ca n'a aucune signification pour vous? Pour moi non plus. Il faut donc comparer avec quelque chose. Dans le contenu des différents articles disponibles on apprend que les quantités ramassées pendant la même période en 2010 :

  • sont moins élevées de 4200 m3 dans les Côtes d'Armor;
  • sont plus élevées de 12 400 m3 dans le Finistère.

Bilan en demi-teinte donc, voire négatif si on s'arrête au seul examen des volumes constatés.

Il faut savoir qu'entre temps, un comité de lutte contre les algues vertes a été mis en place comme l'atteste le document suivant : plan de lutte contre les algues vertes (format PDF). Pas la peine non plus d'espérer des résultats miraculeux en si peu de temps. Ceci dit j'ai bien aimé le point 4 de ce plan (page 6 du document PDF cité ci-dessus) intitulé les actions préventives.
Première action citée, l'axe 4 donc, qui fait référence à la pollution d'origine domestiques et industrielle. La seconde action traitée, l'axe 5, parle de l'agriculture et du développement durable.
Maintenant relisez le paragraphe précédent et faite attention à l'ordre des origines des pollutions. A votre avis, elles ont été citées par facilité de traitement ou par quantité des polluants émis? Je dis que c'est très beau quand même en pleine ère du pollueur-payeur, vous savez donc qui va payer. Les stations d'épuration sont plutôt financées par les collectivités locales. Il est vrai que de toute façon il y a surement des progrès à faire dans ce domaine car :

  • une station d'épuration se contente de produire de l'eau claire, ce qui n'est pas la même chose que produire de l'eau propre;
  • une station d'épuration est construite, ou en tout l'était il n'y a pas si longtemps que ça, en prenant en compte uniquement la population hivernale et non la population estivale décuplée : ça coûte moins cher. dans ces moments là, l'excédent n'est pas stocké.

La solution simple est donc d'interdire le tourisme en Bretagne. Cette solution aurait en prime un impact positif sur le bilan carbone de la région, ainsi qu'un bilan positif en terme de vies sauvées du côté de la sécurité routière.

L'axe 5 est louable, mais doit être difficilement applicable dans les conditions budgétaires que nous connaissons. De plus, on a beau parler de développement durable, je n'ai rien vu en terme de contraintes (mise à part la suppression des situations inacceptables... qu'il faut pouvoir déceler) ni même de contrôle de l'implantation des élevages régulièrement mis à l'index dans les médias.

Dernier acte en ce beau mois d'octobre paru dans le Journal Officiel n°0236 du 11 octobre 2011 sous forme de décret (Décret n° 2011-1257 du 10 octobre 2011) relatif aux programmes d'actions à mettre en œuvre en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d'origine agricole. On peut y constater un relèvement des plafonds d’épandage de lisier... Ne voulant pas refaire ce qui a été bien fait par d'autres, voici donc les conséquences sur le site de l'association eaux et rivières: un décret absurde, les ministères sourds aux protestations des Bretons.

Les sujets de SVT sur ce thème sont donc d'actualité pour longtemps...

Notes

[1] En fait il s'agit de 65 931 m3 mais comme on aime bien les valeurs rondes, on arrondi à l'entier rempli de zéros le plus proche, qui est 65 000 m3 d'après le titre de l'article paru sur actu-environnement.com. Pendant que j'y suis, voici une autre source qui possède la même méthode pour arrondir les valeurs.