Algues vertes : la note sera pour l'Etat
Par Stéphane Bonhomme le jeudi, août 20 2009, 12:05 - Lien permanent
On n'arrête pas le progrès! Un cheval meurt (bon accessoirement son cavalier a failli y passer) et enfin on commence à s'intéresser au problème des algues vertes. Encore heureux que nous sommes en période estivale!
Les algues vertes sont toxiques. Il paraît que c'est nouveau, surtout depuis que l'INERIS (Institut National de l'EnviRonnement industriel et des rISques) a pris la peine de vérifier ce que les locaux savaient déjà. Du coup, défilé de personnalités interrompant brutalement leurs vacances[1], avec visage grave de circonstance et j'en passe. C'est donc nouveau : l'algue verte bretonne est moche, sent mauvais, et produit un gaz (hydrogène sulfuré) potentiellement mortel en se décomposant.
Qui est-ce qui nettoyait les plages pour que le touriste puisse s'y rendre? Les collectivités locales!
Qui est-ce qui va mettre la main à la poche histoire de ne pas nettoyer mais de dépolluer les plages (admirez le changement de mot)[2]? L'Etat bien sûr!
Mais qui est-ce qui est responsable de tout ceci? Les nitrates mon bon môssieur, et d'origine agricole en plus. Et oui, la Bretagne et le pays des éleveurs de cochons. L'agriculture intensive locale ne change même pas ses méthodes alors même qu'au niveau européen la France est montrée du doigt, alors même qu'on a pondu un grenelle machin truc et que tout le monde parle de développement durable. Le paysan breton lui préfère s'amuser comme on peut le lire dans cet article.
Encore une bien belle illustration du principe du pollueur-payeur, ce machin assez compliqué à mettre en place en France (sauf quand il s'agit de balancer une taxe verte sur les ménages) et dans lequel on parle d'éthique, de responsabilité, de principe de prévention... Seule réponse possible que je vois au tout petit niveau de moi : ne plus acheter de viande de porc venant de Bretagne[3] sauf s'il s'agit d'un élevage, comme il en existe même là-bas, forcément peu nombreux, dans lequel les effluants sont recyclés ou traités avec une réelle efficacité.
Commentaires
Le problème de la "marée verte" n'est pas nouveau; le mot apparait dès 1978 en analogie avec la "marée noire" de l'Amoco Cadiz. Pour en savoir plus : http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/...
Ce thème avait fait l'objet d'un sujet de Bac, épreuve scientifique en série L ( http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign... ) . La sortie de ce sujet avait fait réagir un représentant d'un syndicat d'éleveurs de porcs pollueurs mais non pas payeurs. Peut-être faudrait-il également leur mettre une taxe carbone (c'est nouveau, ça vient de sortir) proportionnelle aux flatulences des animaux et des rejets de fermentation du lisier.
Briez, ma bro...
Mon pauvre pays :(