Ainsi donc, dans tous les établissements scolaires la règle est la même. A première vue, elle semble logique et raisonnable pour le premier degré, mais qu'en est-il pour le second degré?

Pour bien comprendre les choses, il faut se souvenir que dans un établissement du second degré (collège et lycée), les 28 (en sixième) à 35-40 (au lycée) élèves par classes peuvent voir jusqu'à 6 enseignants différents dans la même journée, et côtoyer la quasi totalité des autres élèves de l'établissement (en tout cas en collège). Vous voyez donc ou je veux en venir? Un seul élève malade dans un établissement, c'est un élève qui va côtoyer plusieurs autres élèves toute la journée (ceux de sa classe) ou de façon transitoire (ceux des autres classes), ainsi que des adultes (enseignants, vie scolaire...).
Question bête : et si c'est un enseignant qui est malade, il compte pour 1 ou 3 élèves? On ferme sa classe ou l'établissement? Je dis ça car un enseignant peu côtoyer 200 élèves par jour en classe, sans compter tout le reste (salle des professeurs, cours de récré...)

Dans certains cas, cette maladie est quasi asymptomatique, ou n'affaiblit que très peu la personne. Faudra-t-il s'affoler si on est victime d'une coup de fatigue passager?

Histoire d'en rajouter, prenons en compte la déclaration d'une représentante de parents d'élèves. Celle-ci souhaite que quelque chose soit prévu pour que les enfants soient pris en charge pendant que leurs parents travaillent par ces temps de crise (oui oui, la crise s'est invitée dans le débat là aussi) : rien n'étant prévu pour les enfants, comment fait-on pour les garder?. Réponse gouvernementale : faites jouer la solidarité familiale!. Pour ceux qui n'ont pas de famille proche, ça risque d'être difficile. Pour ceux qui en ont une, auront-ils envie de confier leur bambin potentiellement infecté à des personnes agées connues pour ne pas être de taille face à un virus classique de grippe saisonnière?[1]. Conséquence prévisible : certains enfants malades iront quand même à l'école, certains parents pourront jouer du ce n'est pas la grippe! ou du mais il n'était pas comme ça ce matin!.
En prime, vouloir faire garder des groupes d'enfants dont certains sont potentiellement atteint par ce virus, alors que le but de la mesure est de séparer au maximum les personnes pour diminuer les risques de contagion, parait être une solution peu réfléchie.

Qu'est-il prévu pour le personnel des établissements scolaires? Actuellement, rien, en tout cas, aucune information n'est disponible. Or ces personnels ont également des enfants. ces personnels ne semblent pas prioritaire pour la vaccination[2][3][4].

Sachant :

  • qu'un enfant peut tomber malade à cause du petit/grand frère/soeur voire d'un des parents;
  • que celui-ci ira à l'école avant que la maladie ne se déclare réellement, histoire de contaminer d'autres personnes;
  • et que les parents risquent de toute façon de ne pas se poser longtemps la question de savoir s'il faudra prendre des congés/RTT puisqu'ils devront se mettre en maladie,

Je prévois donc un sacré bordel en perspective, un creusement abyssal des caisses de la sécu, trou qui servira de prétexte à l'apparition d'un nouvel impôt/taxe ou d'un relèvement des cotisations. Or les gens restant plus chez eux, sachant qu'on sera en automne, ils devraient donc plus chauffer : EDF et GDF se frottent les mains, le premier a déjà pris de l'avance pour augmenter les tarifs.

Il y a juste deux inquiétudes de taille :

  • pourvu que le virus actuel reste bénin;
  • pourvu que ce virus ne rencontre pas celui de la grippe saisonnière ou pire encore, la version aviaire : ces 3 virii vont forcément cohabiter pendant la saison habituelle. Un virus qui est très contagieux mais bénin rencontrant un autre moins contagieux mais autrement plus dangereux, dans notre société actuelle surpeuplée, car nous ne sommes pas en 1918, risquerait de faire de sacrés dégâts et ce, sans même muter!

Bonus.
Pour ceux qui sont férus d'évolution, vous avez dû deviner un mécanisme jouant un rôle non négligeable dans la pérennité d'une espèce. Mots clés : épizootie, panzootie, zoonose, épidémie, pandémie. A votre bon coeur!

Notes

[1] Même s'il se dit que les personnes assez âgées pour avoir connu la grippe de 1918 seraient d'une certaine façon protégées contre ce virus. Faites le total vous même, les centenaires gardant des ados ne doivent pas être nombreux.

[2] Quelque part tant mieux. Dans ce domaine on se pose des questions sur la date de disponibilité réelle, annoncée pour décembre-janvier par les uns, pour octobre par les autres ce qui, dans ce dernier cas, laisse planer un doute sur l'efficacité réelle voire même sur les risques d'effets secondaires. En tout cas, s'il était vraiment disponible en octobre, ce serait le vacin qui aurait battu le record du monde de mise au point/mise sur le marché.

[3] Que les personnes âgées ne se fassent pas d'illusion, cette année le vaccin pour la grippe saisonnière ne sera pas disponible.

[4] Pour les jeunes qui me liraient, biotechnologie et pharmacie ouvrent de belles perspectives d'avenir professionnel!