C'est l'été : la société actuelle impose d'être bronzé. Soit!
Par Stéphane Bonhomme le samedi, juillet 4 2009, 14:15 - Opinion - Lien permanent
Ca faisait très longtemps qu'on n'avait pas réussi à me trainer au bord d'une plage de sable, et pour cause. Malheureusement, je vois que c'est de pire en pire. C'est fou ce qu'il faut subir pour bronzer. Je pense donc rester simplement hâlé, surtout là ou il n'y a pas de T-shirt.
Oui, je fais comme mes élèves, je balance la conclusion avant d'avancer les arguments.
Lieu du drame : plage de sable de La Ciotat.
1 : l'arrivée en voiture.
Rien de particulier à signaler, mise à part que devoir faire 30 Km pour aller au bord de l'eau, sachant qu'en plus la vitesse était réduite de 30 Km/H pour cause de pollution à l'ozone incite plutôt à rentrer chez soit. Passons.
Les 30 Km/h en moins justement, parlons-en : le français moyen n'est pas un exemple à suivre. Sur une autoroute dangereuse (forte montée avec virages nombreux et forte descente) certains ont peur et ça se voit : ils rament de façon excessive, ce qui donne l'impression d'être un fou du volant quand on passe à côté à seulement 90km/H (au lieu des 130 autorisés voire 100Km/h ici car pollution). D'autres rament et ne suivent pas leur voie, absorbés qu'ils sont par le panorama. D'autres enfin se moquent totalement des modifications de vitesse pour cause de pollution et foncent... ou alors ils ne savent pas lire.
Arrivé à La Ciotat, bouchon, recherche place de parking (à l'ombre) et parcmètre. Sympas les parcmètres de La Ciotat : pas le droit de payer pour 30 minutes, obligation de payer pour 1 heure minimum (pas donnée d'ailleurs), sauf qu'à 17H30, quand il faut payer une heure alors qu'à partir de 18H00 c'est gratuit, soit on prend le risque de se prendre une prune, soit on a la chance de pouvoir rester jusqu'au lendemain matin.
2 : à la plage.
La plage de La Ciotat est un modèle de plage pré-fabriquée : c'est du gravier. On a de la chance, ce n'est pas un gravier acheté dans la carrière du coin puisque celui là est arrondi et poussiéreux[1].
Enfin un emplacement est trouvé, avec suffisamment de place de part et d'autre des serviettes pour éviter de manger des projections envoyées par la marmaille hurlante et galopante, ou tata ginette ayant encore ses claquettes (peu importe la marque) aux pieds.
Cours rapide de mise en garde expliquant aux petits que pour faire un chateau de sable (seule raison qui m'a vraiment poussée à aller dans ce genre de lieu), il vaut mieux aller au bord de l'eau histoire d'éviter d'accumuler des morceaux de verre, de plastique et des mégots de cigarette dans la construction[2].
Les fumeurs, parlons-en : j'ai réussi à tenir 1 heure sur la plage. Pendant ce cours laps de temps, j'ai été un fumeur passif : une plage étant un lieu public ouvert, ils peuvent fumer et il ne faut rien dire sous peine d'être taxé de fasho et de liberticide. Conclusion partielle : la liberté consiste à supporter les bêtises des autres.
Au bout d'un moment, il y a toujours le fan de la boite de sardines qui se pointe et vous colle sa serviette sur la votre, par manque de place. il y a aussi le logique qui va placer sa serviette perpendiculairement à toutes les autres, histoire de se faire marcher dessus par le gamin hurlant pour cause d'yeux englués de sable et qui, par conséquent, court dans toutes les directions, sourd aux hurlements de papa/maman le poursuivant, mais évitant d'instinct les serviettes normalement toutes orientées de la même façon.
Je vous vois venir! Vous aller me reprocher de détester les gens. Alors je vais vous parler des pigeons : et oui, sur la plage de La Ciotat il y a des pigeons, et pas qu'un seul. Ces animaux sont connus pour être très propres... et semblent bien nourris!
3 : dans l'eau.
J'ai refusé d'y aller : voir autant de saucisses enduites de crème solaire sympatiques concitoyens aller se rincer rafraîchir dans une eau trouble, chaude et peu profonde, suffit en général à me refroidir quelle que soit la température de l'air. Et puis quand on est sur la plage, on entend, même si on ne veut pas, ce que disent les autres situés à moins d'un mètre de vous, et hurlant pour se faire entendre (pour une raison inconnue, à moins que les oreilles bouchées en prévision d'une future otite oblige à faire ainsi). Morceaux choisis :
petite fille :
j'ai envie de faire pipi!
dame âgée, visiblement la grande mère :on va aller se baigner, tu feras dans l'eau!
De toute façon, même sans se baigner, on connait toujours la température de l'eau par les cris des sudistes Mon dieu qu'elle est froide!
et ceux des nordistes venez vite elle est bonne!
. Accessoirement on se prend toujours des gouttes, que se soit des gouttes gravitaires liées au passage de quelqu'un de mouillé, ou des gouttes projetées provenant du plongeur enlevant son masque et se mouchant pour cause de sinusite (ou pour faire plus sportif), ou crachant, pour cause de mauvais goût du tuba dans la bouche (ou pour faire plus sportif).
Conclusion 1 : je déconseille fortement les plages de sable de La Ciotat, d'autant plus qu'elles n'ont même pas réussi à obtenir le pavillon bleu 2009. Par contre, allez vous baigner dans le port de La Ciotat, qui lui est pavillon bleu[3]. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment des départements aussi pollués que les Bouches du Rhône et le Var arrivent à obtenir des pavillons bleus (surtout quand on connait l'état des stations dites d'épuration des eaux usées, toujours en surcapacité l'été surtout sur la côte).
Conclusion 2 : la grippe A/H1N1[4] étant bien assise dans la région parisienne, fuyez la plage si vous voyez des cachets d'aspirine débarquer le matin et rougir à vue d'oeil en une heure ou deux.
Conclusion 3 : si jamais, par miracle, on arrive à m'y trainer de nouveau, je prendrais une feuille de papier et un stylo pour effectuer des comptages[5]. C'est en effet incroyable la quantité de personnes en surpoids et ce, quel que soit leur âge apparent (les jeunes sont pas mal touchés par ce phénomène). Je dois avouer que c'est un élément qui m'a sauté à l'oeil immédiatement. Les tablettes de chocolat ou les formes généreuses non exagérées se font rares, ou alors je suis victime d'une déformation des idéaux masculin et féminin qu'on tente de nous imposer et qui n'existent pas/plus?
Bref!
Quand la tolérance se heurte au manque de civisme de beaucoup trop de monde, un tel lieu devient invivable. En prime, le je-m'en-foutisme (sur fond de gestion des risques) des organismes de contrôle de la qualité des eaux de baignade et des plages, ainsi que l'absence totale de moyens pour faire appliquer un réglement tenant à 4-5 pictogrammes (ne fâchons pas le vacancier/client avec des remontrances et des amendes) n'arrangent pas les choses.
Accessoirement, ne parlons pas des conséquences prévisibles de l'abus d'ultra-violet sur ces chères molécules d'ADN : je suis d'ailleurs étonné qu'on n'ait pas encore interdit le bronzage, car c'est une cause évidente de creusement de trou de la sécu, branche maladie bien sûr!
Notes
[1] Cette poussière n'est pas du calcaire et j'ai été incapable de déterminer ce que c'était, à moins que je ne me sois assis sur un foyer fossile sans le savoir.
[2] voire pire car certains ont leur chien, même si un signe cabalistique étrange montrant un chien barré de rouge est indiqué sur tous les panneaux.
[3] Ce ne sont pas les mêmes critères? Ah bon? Est-ce vraiment important dans la mesure ou il suffit d'avoir un peu de chance pour obtenir un pavillon qui ne prouve rien?
[4] comme il est convenu de la nommer
[5] Ah l'intérêt des stats en sciences...
Commentaires
A Nice, les plages sont nettement mieux car (ici aussi conclusion avant la démonstration !)
- on peut aller à la plage en Tram/Bus (1€ pour 74min avec correspondances) ou bientôt en "vélo bleus ( http://velobleu.org/ ); pas besoin de chercher une place payante (il n'y a jamais de place libre) pour la voiture.
- ce n'est pas du sable mais des galets ( http://bego.06.free.fr/index.php?20... ), biens ronds et biens propres car "Karchérisés" tous les matins vers 5h.
- l'eau est agitée, les ordures apportés par le courant Ligure depuis l'Italie se dispersent bien tout le long de la côte.
- Nice a obtenu cette année le pavillon bleu qu'elle ne demandait plus depuis des dizaines d'années; donc l'eau était propre en 2008 lorsque LE prélèvement a été fait.
- Les pictogrammes d'interdictions sont très nombreux (tiens, il faudra que j'en fasse une photo et des commentaires ...). Un arrêté municipal ici : http://bego.06.free.fr/images/diver...
Sinon, pour le reste c'est à peu près pareil, et je n'y vais plus depuis longtemps.