OGM : petite note d'humour vert
Par Stéphane Bonhomme le samedi, février 9 2008, 19:11 - Environnement - Lien permanent
Parce que pour certains les OGM sont la solution à tout.
Parce que pour certains les OGM sont source de profits.
En voici une bien bonne.
Il était une fois Helicoverpa zea (Boddie, 1850), sympathique lépidoptère ravageur du coton (surtout aux USA donc[1]) de profession. C'est alors que des chercheurs, porteur de nouveautés technologiques forcément utiles, inventèrent un coton transgénique disposant d'un insecticide inside, la non moins sympathique toxine Cry1Ac de son petit nom[2].
C'est alors que, l'impensable se produisit : dans le Mississippi et en Arkansas, entre 2003 et 2006, soit 7 ans ou plus après l'introduction du coton Bt en 1996 dans ces Etats
des résistances sont apparus : cet ##@@ de papillon n'a rien trouvé de mieux que d'évoluer tout seul dans son coin pour oser résister à cette toxine! Quelle honte! Toute cette technologie pour rien, tout cet argent pour rien!
Pour rien? Pas tout à fait :
- grâce à l'utilisation de ce coton transgénique, on a fortement diminué l'utilisation des pesticides permettant de lutter contre cette infâme bestiole arthropodienne;
- grâce à l'utilisation de ce coton transgénique, les plantes des alentours ont dû voir leur vitesse d'évolution s'accélérer. En effet, aux USA ils n'ont pas la chance d'avoir un comité d'experts qui ont décrété, après x années de recherches, que les plantes transgéniques présentaient sans doute un danger pour l'environnement...
Moralité :
- Helicoverpa zea + 1 point;
- connerie humaine + 1 point;
- Terre -1 point.
Notes
[1] On le trouve aussi dans les DOM/TOM d'après l'INRA.
[2] La même toxine que celle contenue dans le riz chinois vendu en France -en tout cas en 2006-, et qui provoque des réactions allergènes chez des souris d'après ce document pdf vieux de 2 ans.
Commentaires
Un petit coup de la théorie de la reine rouge de Leigh Van Valen ne fait pas de mal.
Les nombreux exemples de co-évolution parasites/hôtes devraient pourtant leur montrer à quel point les processus évolutifs sont exacerbés dans ce cadre particulier. Que la moitié de la population américaine ne croit pas en l'évolution est une chose mais que les scientifiques qui travaillent dans les laboratoires des grandes industries bio-technologiques n'en tiennent pas compte en est une autre.
A moins que l'argent efface toute sorte de réflexion...