Service minimum et garderie
Par Stéphane Bonhomme le mercredi, juillet 18 2007, 13:16 - Opinion - Lien permanent
Das fois on aimerait bien en rigoler, mais comme c'est une réalité qui va toucher la profession à moyen terme on n'a pas trop envie.
Un petit entretien à la télé et hop, un boulet dans la tête des profs, ensuite c'est la curie, comme dh'abitude. Ainsi cette phrase de la déléguée PEEP de service, ce midi au ji té, qui a versé dans le thème du les grèves pénalisent les élèves avec mention petits comme grands sur symphonie d'hypocrisie sans nom[1]. Pourquoi n'a-t'elle pas simplement dit ce que tout le monde n'ose clamer : quand les profs sont en grève, c'est la galère pour faire garder les gosses. Ben oui, on en est bien conscient, c'est d'ailleurs pour ça que ce problème est traité comme celui des transports de personnes[2], seuls La Poste et le transport de marchandise a l'air d'avoir le droit de bloquer tout le pays (choses que les enseignants n'ont jamais réussi à faire). Pourtant, autant que je me souvienne, quand les enseignants sont en grève, le taux est au maximum de 40% d'après le ministère, donc de fait le service minimum est assuré! On nous aurait menti?
De toute façon, ça va me permettre de raconter une bien belle histoire. Il était une fois la permanence et des pions. Tout ceci a été supprimé. Alors il y a eu les emplois jeunes (qui avaient officiellement autre chose à faire) lesquels ont été supprimés pour être remplacés par autre chose, a effectif variable, en attendant la prochaine new wave géniale de l'Education Nationale. Résultat des courses? Il n'y a plus personne pour encadrer la jeunesse en cas de grève/incendie/tsunami/astéroïde et j'en passe. La faute à qui?
Je sais bien qu'on est dans l'air de tout ce qui peut arriver aux bambins est forcément la faute des profs, mais faudrait arréter de tirer à boulets rouges sur une profession. C'est quand même un comble qu'une profession soit autant critiquée et aussi peu écoutée... Il n'y a que la jeune génération qui l'a compris : personne ne veut plus devenir enseignant. Ces jeunes ont bien raison, car dans un pays ou dès que quelque chose ne va pas c'est toujours la faute des autres. Tous les prétextes sont bons pour leur casser du sucre sur la tête... tout en se faisant appeler partenaires, laissez moi rire. A croire que beaucoup auraient besoin d'aller consulter un psy, et qu'on arrête de me dire que l'école c'était mieux avant : si c'était réellement le cas, il n'y aurait pas autant de rancoeur.
Et pour les vacances? Vous devriez vous renseigner, ce ne sont pas les enseignants qui en ont le plus, surtout depuis le passage aux 35h.
Notes
[1] Ce qui est faux, puisque le taux de réussite au bac est meilleur d'année en année, que ce soient les enseignants ou les élèves qui fassent grèves. il faudrait plutôt supprimer l'école, puisque y aller ou pas n'a pas d'incidence sur la réussite au bac.
[2] A croire que l'Education Nationale n'est qu'une service à la personne comme tant d'autres.
Commentaires
Moi aussi je n'ai pas compris ce cas de figure du "service minimum" dans l' EN. C'est en totale contradiction, comme tu le dis, avec les taux de grévistes annoncés officiellement. Tous des menteurs ! Faudra-t-il également que l'on se déclare gréviste 48h avant ? Moi je ne le sais parfois même pas au réveil ... alors.
Pris de vitesse. J'allais faire un billet sur la même lignée.
Là où on admet que l'école n'est qu'une garderie dans l'oeil de certains parents et des fédérations de parents.