Quand le vert a le vent en poupe...
Par Stéphane Bonhomme le dimanche, février 4 2007, 14:21 - Coup de gueule - Lien permanent
C'est la nature qui trinque.
Quelques exemples, pris dans les transports, puisque ce sont eux qui usent et abusent de toutes les déclinaisons verdâtres, y compris jusqu'à colorer en vert le logo d'un véhicule diesel censé être écologique. Et les véhicules hybrides? Ils consomment autant que des certains véhicules traditionnels thermiques de dernière génération, et ont en plus l'immense privilège de contenir tout un tas de substances nocives dans leurs batteries, depuis l'acide jusqu'à d'autres trucs qui vous rongent les poumons[1], parfois les faux plafonds aussi, et qui coûtent toujours plus chers que les autres véhicules : pour rouler vert, il faut être riche.
De toute façon, le jour ou on prendra en compte autre chose que les seuls taux de monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, et autres oxydes d'azote pour déterminer l'impact d'un véhicule sur la qualité de l'air, on se rendra compte qu'on respire, par exemple, tout un tas de substances cancérigènes (merci les pétroliers et les pots catalysés)... en matière d'automobile, à chaque fois qu'on cherche à diminuer le taux d'émission d'une susbtance, on augmente le taux d'émission d'autres susbtances, voire on en rejette de nouvelles. De ce côté là, le filtre à particules est une superbe avancée : avant, les particules émises par les véhicules diesels étaient grosses, la fumée était noire, ça faisait désordre. Maintenant, ces véhicules n'émettent plus (trop) de fumée noire, c'est beau, c'est propre, sauf que les particules émises sont plus petites (donc moins visibles) et pénètrent plus profondément dans les poumons : cacher la pollution visuelle et olfactive, c'est donc ça être vert dans le monde de l'automobile.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, car en fait les véhicules roulant à essences rejettent une au moins aussi grande variété de gaz dans des proportions différentes, mais étant donné qu'on ne mesure pas tout, ils sont donc moins polluant, forcément. Par contre j'ai bien dit que, du fait des batteries actuellement utilisées, les véhicules (oui véhicules et pas seulement voitures) totalement ou partiellement électrique, sont des bombes environnementales en puissance et n'ont rien de propre.
La moto verte. Jolie appellation pour désigner des pseudo-sportifs faisant travailler le moteur de leur moto dans la nature. Le résultat? De bien jolies traces d'érosion. J'ai dit traces? Je voulais dire tranchées. Le malheur étant que ce genre de pratiques ne risque pas de diminuer car qui va aller contrôler les sportifs allant ainsi labourer les chemins et autres espaces dépourvus d'arbre dans des patelins peu connus, donc jouissant ainsi d'une certaine impunité. La légalisation des quads n'a fait que aggraver les choses.
Les biocarburants, au premier rang duquel le E85 que tout le monde va devoir s'habituer à connaître avec son logo vert. Sous ce nom barbare, un mélange essence-éthanol dont l'efficacité, en terme environnemental s'entend, ne fait pas l'unanimité... d'ailleurs, à ce jour, aucune pompe n'en distribue encore... bref, le E85 de M. Prost, grand défenseur de l'environnement devant l'éternel mais aussi parmi les meilleurs champions pollueurs du monde aussi bien en F1 qu'au trophée Andros, ferait mieux d'éviter de piquer l'argent du contribuable en faisant des études longues, et ô combien compliquées, afin de trouver des pseudo-solutions. Avec son aura de champion il aurait mieux fait de montrer l'exemple en faisant en sorte que la FIA (et autres organismes concernés) abandonne l'utilisation de toute forme de carburant et lubrifiant d'origine pétrolière. Parce que casser les pieds du conducteur lambda consommant entre 4 et 10 l de carburant au 100 Km c'est bien[2], mais quand on en consomme soit même au minimum le triple (et encore, je suis loin de la vérité là) on n'a surtout pas de leçon à donner aux autres.
Le 4x4 nature enfin, pas celui utilisé en utilitaire, mais celui utilisé par les amoureux de la nature, les randonneurs du dimanche, bref par ceux qui vont gentiment vous gazer et vous casser les oreilles alors que vous vous promenez à pieds et tranquillement sur un chemin, ou encore qui vont se faire une chtite course de derrière les fagots, l'hiver, pour traverser au moins un parc national en toute impunité... l'est ou l'écologie là-dedans? Et à quoi sert cette circulaire (cf. liens en bas de page)? La France peut bien donner des leçons écologiques au monde entier, quand on voit ce qui s'y passe dans notre encore si beau pays.
Et la télé dans tout ça? Comme souvent, elle joue son rôle éducatif. Ainsi Mme Chazal (TF1[3] dimanche 4 février, journal de 13H) parlant d'un biogaz d'orgine organique contribue à prouver à quel point la mode Bio a fait des dégâts. Un gaz Bio, ça me fait bien rire, le gaz de ville en faisant parti, puisqu'il est juste extrait de la Terre, tout comme le pétrole après tout... par contre un biogaz, ça signifie qu'il a été produit grâce à l'action du vivant, il a donc forcément une origine organique, à moins que sur Terre il existe des organismes minéraux... encore un dogme qui s'effondre tiens. Et dans le reportage qui suivait, l'origine organique est dévoilée : lisiers, fumiers... Tout ceci émet du méthane et du dioxyde de carbone. Si l'utilisation du biogaz était expliquée, on apprend qu'il est un très bon combustible...pourtant il me semblait que le dioxyde de carbone était de la matière minérale donc incombustible (cours de seconde) : que font-ils donc avec les rejets de dioxyde de carbone (ceux contenus dans le biogaz et ceux provenant de la combustion du méthane)? De là à dire qu'il s'agit encore une fois d'un grand travail de recherche et d'investigation de la part du/des journalistes, il n'y a qu'un pas.
Ceci dit, si le sujet vous intéresse, la définition de biogaz donnée par Wikipedia est une bonne approche pour défricher le terrain. Au passage, relevez bien que le méthane est un des gaz accentuant l'effet de serre et que son action est bien supérieure à celle du seul dioxyde de carbone, mais que son émission est directement imputable aux activités humaines (élevage...), alors que tout le monde ne fait que taper sur le dioxyde de carbone.
Donc le vert c'est bien, c'est mode, c'est une bonne excuse aussi, ça permet de faire gober plein de couleuvres à beaucoup de monde, ça permet d'être dans l'ère du temps, ça permet de montrer à quel point on est hypocrite avec soit même et qu'on ne vaut pas mieux que le vers, mais celui qui est dans le fruit, quoique lui au moins, il mange le fruit pour survivre, il a donc une bonne excuse.
Notes
[1] Pensez-vous, le lithium ça permet d'atteindre le Nirvana ;)
[2] Surtout que par les temps qui courent, ils ne risquent pas de pouvoir changer de voiture, leur prix augmentant, les salaires non par contre, mais c'est une autre histoire.
[3] oui je sais, la honte, mais je suis grippé, donc mon cerveau est dans l'état adéquat pour suivre ce type de journal.
Commentaires
En effet, il faut vraiment avoir le cerveau embrumé par une grippe pour suivre le journal de TF1 (ou tout autre programme de cette chaîne ...)
Pour en revenir au sujet du billet,
--> ne pas oublier l'énorme pollution des transports routiers : des 40t qui traversent toute l'Europe depuis le sud de l'espagne jusqu'en Pologne. Les "décideurs" devraient rapidement décider d'y mettre fin et d'obliger de transporter par fer-routage dès que le transport doit être >300km. On dira bien entendu que cela va faire disparaitre des emplois, mais non, tout simplement des conversions dans la profession.
--> et les transports aériens ? L'importation de nombreux produits agricoles (fraises d'Afrique du sud, haricots-verts du Kenya ...) et manufacturés en provenance de Chine par 747 envoie dans l'atmosphère quantité de CO2 et autres substances toxiques. Ne serait-il pas préférable de consommer des fruits et légumes locaux, et en saison ?
--> les transports en commun à privilégier ? Oui mais quelle est la part de pollution apportée par tous les travaux de construction d'une ligne de Tram ? De plus, la "bonne" ville de Nice a décider -pour ne pas nuire à l'environnement visuel- que la traversée des deux grandes places (Masséna et Garibaldi) ne se fera pas avec un contact par ligne aérienne mais par de l'électricité stockée dans des batteries sur le toit des rames (et on en revient aux polluants des batteries) : www.tramway-nice.org/inde...
Il serait utile de faire de vrais bilans énergétiques et des substances chimiques avant de clamer que l'électricité est mieux que ....
--> Je ne dirai rien ici sur la production nucléaire d'électricité (pas la place !).
etc... etc...