Un tel conflit démarre toujours de la même façon avec au choix :

  • l'option je me dépêche de faire passer ma loi[1] histoire de surprendre tout le monde, stratégie à utiliser juste avant des vacances scolaires ou pendant les vacances estivales, histoire de rajouter à la discrétion;
  • l'option : les syndicats se sont totalement loupés lors des phases de concertation (s'il y a eu assez de temps pour en avoir au moins une) et sont en décalage complet avec leur base (et avec tout ceux concernés, non syndiqués, mais qui n'en pensent pas moins).

Quoiqu'il en soit, la couverture médiatique, en début de conflit, est toujours la même : je te montre des futurs manifestants préparant banderoles, panneaux, slogans, tout le monde il est motivé...
Puis vient le temps des premiers défilés qui, au cours du temps, finissent par dégénérer car :

  • Les créateurs de la loi décriée jouent la carte du pourrissement du conflit : ils ne tiendront pas longtemps;
  • les casseurs font leur apparition et on montre surtout des images les concernant (philosophie choc des images);
  • les opposants aux manifestants, à bout de nerfs, perdent leur sang froid;
  • la police intervient, mais trop brutalement sur fond d'esprits surchauffés.

Et on entend les habituels : mais que fait la police? Sachant que si cette dernière intervient, on sort aussitôt les termes bavure et répression policière, alors que si elle n'intervient pas on parlera plutôt de laxisme des forces de l'ordre. Passons.

La sortie de crise est variable selon qui était en grève, mais il est intéressant de noter que pour obtenir satisfaction il faut :

  • tout casser (docker, paysans...);
  • bloquer routes, ports, pays (dockers, routiers, paysans, agents de la SNCF, agents de La Poste...);
  • être jeune et étudiant... ;)

Par contre, si vous êtes pompiers, directeur d'école primaire/maternelle... vous pouvez faire une grève administrative/du zèle.. pendant parfois plusieurs années, vous n'obtiendrez jamais rien (mises à part quelques promesses bien vagues)... A se demander pourquoi les conflits deviennent de plus en plus souvent aussi radicaux. En clair, pour obtenir satisfaction, il semblerait, en tout cas en France, qu'il faille nuire au plus grand nombre possible de français. Autrement, ça semble signifier aux yeux du public et surtout aux yeux des partisans de la nouvelle loi, que vous n'avez pas vraiment envi que vos revendications se réalisent.

S'il est vrai que la rue ne gouverne pas, n'oublions pas que le peuple est souverain. De plus, la mémoire collective des français[2] a des chances de dépasser les 6 mois et d'atteindre 1 an, ce qui nous mènerait en avril 2007, tiens donc...

Notes

[1] loi ou décret ou mesure... choix non limitatif

[2] même si le QI moyen en France ne semble pas très élevé (si on en croit cette enquête) ça ne fait pas des français un troupeau de moutons pour autant