Quelque chose de pourri dans l'Internet
Par Stéphane Bonhomme le mercredi, janvier 4 2006, 15:06 - Opinion - Lien permanent
L'avantage d'Internet c'est qu'on n'est pas gêné par le bruit que font les autres. Ainsi le petit voisin écoutant à fond la caisse le même morceau de musique parfois infâme (ou qui a fini par le devenir à force de l'entendre), ou les voisins occasionnels souvent jeunes dans leur tête nous gratifiant de la douce mélopée d'un pot d'échappement trafiqué sur une meule produisant un bruit à faire pâlir de jalousie un possesseur d'Harley Davidson, ou encore un autre, plus jacky sur les bords, écoutant de la musique avec un volume tel qu'on n'entend que le boum caractéristique, bref tout ce beau monde n'a pas lieu d'être.
D'un autre côté, tout le monde est le voisin de tout le monde sur Internet, et ce qui est une bonne chose d'un certain côté devient une plaie avec le temps.
Ainsi les forums et autres salons IRC deviennent de plus en plus la foire d'empoigne car fréquentés de plus en plus souvent par des personnes qui estiment que toute aide est un du; Ces charmants êtres s'estiment, en plus, être le centre du monde numérique, passent souvent leur temps à se lamenter sur leur propre sort voire à raconter leur vie pas uniquement sur leur blog. En résumé, ce type de personne est une véritable plaie. L'Internet est censé être avant tout un espace d'échanges, mais il faut bien reconnaître que c'est devenu une vaste entreprise à but non lucratif spécialisée dans l'assistanat de fainéants, parfois sans scrupules, désirant tout et tout de suite. Ainsi, les autoroutes numériques sont devenues identiques à leur cousines bien matérielles : certains se contrefichent complètement des autres et font ce que bon leur semble même si ça doit gêner tout le monde.
Ensuite, l'Internet est également victime de la pollution, essentiellement par la faute, comme dans la vie de tous les jours, de ceux qui ne savent pas, ne veulent pas savoir ou détournent l'usage d'un outil censé être profitable à tout le monde. Ainsi il est devenu essentiel de se protéger, que ce soit le blog comme la messagerie, contre les virri toujours plus nombreux, contre les commentaires souvent insultants et hors sujet, le spam et autre flood. Et pourtant, on n'a pas de comportement à risque. Oui mais voilà, dans la liste de vos contact mails par exemple, il y en a toujours au moins un qui se fait avoir et qui ne s'en rend pas forcément compte, sans parlé de quelques idiots trouvant amusant d'inscrire une adresse mail de quelqu'un d'autre sur un site pas du tout tatillon sur la vérification des informations fournies...
Bref, on a déjà vu débarquer les taxes injustes sur les supports pouvant stocker des données numériques, à cause des abus d'une minorité, abus utilisés comme prétexte par certains en mal d'innovation. A ce rythme on va finir par se voir taxer la connexion internet, limiter la quantité de données à échanger, limiter le nombre de mails à recevoir ou à envoyer et j'en passe. Tout ça à cause d'une minorité ayant oublié de grandir (ou n'ayant pas encore pu le faire) et dont la maturité est au même niveau que le respect qu'ils témoignent envers les autres et envers leurs productions.
L'internaute averti et passionné, c'est à dire celui qui crée un site afin de partager des idées avec les autres ou afin de partager ses passions, a de quoi être dégoûté par tout ça et par tout ceux qui ne sont même pas capables de donner les sources des informations qu'ils déballent fièrement à l'occasion de mémoires et devoirs, deTPE, de cours, ou sur d'autres sites. Parce que pour ceux qui croyaient que ce sont seulement les jeunes qui sont visés par ce texte, ils se trompent, les je-m'en-foutistes, ignorants ou conscients, sont à chercher dans toutes les classes d'âge même s'ils sont plus nombreux dans certaines.
Alors qu'est-ce que l'Internet peut-il bien avoir d'extraordinaire? Rien, si ce n'est qu'il est encore plus facile d'emmerder et de tromper son prochain, en se croyant à l'abri caché derrière un pseudo ou derrière des proxy garantissant un anonymat relatif, ce qui libère sans doute les plus bas instincts de certains.