Europe : le jour du non, mais demain?
Par Stéphane Bonhomme le lundi, mai 30 2005, 09:53 - Opinion - Lien permanent
Ainsi que le laissaient entrevoir les sondages (trop) nombreux et (systématiquement) quotidiens le non à la Constitution Européenne est passé. Mais c'était un non à quoi? Parce que peu de personnes ont pris la peine de lire le traité et que beaucoup sont mécontents de la politique gouvernementale actuelle. Alors est-ce que les gens ont vraiment répondu à la question posée?
Toujours est-il que ce matin ce qu'on peut lire dans la presse est navrant : tous les leaders politiques de gauche extrême ou pas et de droite (extrême ou pas également) partisans du non s'enferment dans leur logique personnelle :
- les uns se voient déjà comme les candidats naturels de leur parti aux futurs présidentielles en estimant avoir été légitimé par ces élections (comme si tous ceux qui avaient voté non avaient voté pour quelqu'un en particulier, tout le monde n'est pas militant, nombreux sont ceux qui sont capables de réfléchir et de choisir seul sans l'aide d'un leader),
- les autres réclament des élections anticipées,
- d'autres encore réclament un changement de gouvernement,
et moi je me demande ce que cela peut bien avoir comme rapport avec la question qui était posée. Au lieu de laisser leur ambition démesurée s'exprimer avec avidité, ne devraient-ils pas au contraire se mettre au travail pour proposer des solutions concrètes? Ou alors leurs arguments étaient-ils fondés sur, comme je le disais dans un billet précédent, la volonté de revenir sur le premier plan de la scène politique, quitte à jouer avec les peurs des électeurs indécis? Bien sûr ce dernier point ne concerne pas les contestataires éternels.
Bref, il semble que les bonnes questions sont à rechercher sur ce billet : Il n'y aura de solution qu'en changeant la politique.
N.B.: afin de lever certaines ambiguités liées à la rapidité donc à la brièveté du temps donné à la réflexion chez certains, je tiens à préciser que le fait de dire qu'une personnalité d'un parti politique dit quelque chose de bien n'implique pas forcément qu'on soit d'accord avec tout ce qu'elle dit ou qu'on soit un militant du même parti.