Français, SVT et notes des élèves
Par Stéphane Bonhomme le jeudi, janvier 20 2005, 08:03 - Education - Lien permanent
J'aurais pu intituler ce billet pourquoi les élèves ne peuvent pas avoir de bonnes notes
, mais il y a une notion de pessimisme un peu trop forte.
Si au collège ce phénomène est moins prononcé, car il faut donner des bonnes notes aux élèves pour les encourager, au lycée, en tout cas en SVT, le constat est le même : peu d'élèves ont des notes honorables.
La raison, ou plutôt les raisons sont très simples et sont à rechercher dans la conception même de l'enseignement tel qu'il est pratiqué : il faut faciliter l'apprentissage des élèves, et donc les encourager, quitte à tricher sur les notes en oubliant certains critères d'évaluation. Le problème étant, qu'à force de leur faciliter la tâche, on ne les habitue pas du tout à fournir les efforts nécessaires. On assiste donc à de grosses difficultés (toujours concernant les SVT) lors du passage de la classe de troisième à celle de seconde (les professeurs n'ayant plus trop tendance à distribuer les points), et pire encore entre la seconde et la première S, ou là il n'est pas rare d'entendre des parents dire qu'ils sont surpris de constater que c'est très difficile et que personne (!!) ne les avait prévenu. Qu'est-ce qui est si difficile en SVT? plein de choses qui n'ont pas forcément un rapport avec les SVT.
Lutter contre les à priori. Il n'est pas rare d'avoir des élèves de cinquième ou de quatrième dire : beurk la géologie, je n'aime pas ça!
, alors même qu'ils n'en n'ont jamais fait. De toute façon, les autres collègues et personnels d'un établissement pensent toujours la même chose (et par ce biais explique les notes généralement plus basses qu'ailleurs des élèves), on peut donc supposer que les parents des élèves en question aussi. Il est tout de même impressionnant de constater que toutes ces personnes pensent donc que l'enseignement des SVT (et non biologie, ni sciences naturelles) à stagné, le contenu des programmes aussi, et qu'en imprégnant les élèves d'un à priori totalement négatif sur un thème du programme, on hypothèque forcément les chances de réussite.
De plus est-ce vraiment de la géologie que l'on fait au collège? Non, tout juste une étude de l'environnement, histoire de connaître le strict minimum permettant à l'élève d'être capable de dire ce qu'est un élément de paysage et d'avoir quelques idées permettant de l'expliquer.
Il y a aussi le la géologie c'est nul, il faut étudier les cailloux...
. Je ne reviendrais pas sur le terme même de caillou, mais en tout et pour tout, en collège, les roches étudiées sont au nombre de 4 (environ) : il n'est donc pas si insurmontable que ça d'apprendre 4 noms de roche, ainsi que leurs caractéristiques souvent déterminées au cours d'une sortie (quand c'est possible) et/ou d'expériences.
Devoir s'exprimer dans un français correct. C'est là que le bât blesse le plus. Actuellement, rares sont les élèves qui savent formuler des phrases grammaticalement correctes, et plus rares encore sont ceux qui savent écrire sans faire de fautes d'orthographe. Ce constat est valable de la sixième à la terminale S en passant par la première L. Ceci est d'autant plus étrange que souvent les professeurs de français ne constatent pas du tout ce phénomène et je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'un simple cloisonnement des disciplines.
L'orthographe n'est plus un critère pris en compte dans l'enseignement. Même si en SVT (je parle toujours de ce que je connais) il n'est pas rare que les professeurs retirent des points à une réponse lorsque celle-ci, même juste, contient des mots scientifiques mal orthographiés alors qu'ils ont été écrits au tableau pendant les cours. D'autres exigent une phrase correctement construite (sujet, verbe, complément) pour permettre de gagner tous les points. Mais cela semble de plus en plus rare.
Mais il faut bien reconnaître que, si sur la logique personne ne trouve rien à y redire, les conséquences sont souvent désastreuses chez les élèves. Cependant, lueur d'espoir, certains font l'effort de faire attention à ce qu'ils écrivent. Tout ça pour dire que si le futur de la langue française était le SMS, alors les élèves seraient certainement très doués.
Apprendre son cours. C'est vrai quoi! A quoi ça sert de venir assister à des leçons et des séances de travaux pratiques si le travail que doit théoriquement effectuer un élève consciencieux n'est pas fait? La conséquence est la même, que ce soit au collège (ou la part du cours dans la note d'un devoir surveillé est importante) ou au lycée (si on ne connaît pas le cours, on ne risque pas d'être capable d'analyser correctement le document proposé). Ce qui nous amène au point suivant.
Observer et réfléchir. Ce point concerne plutôt le lycée, bien que des exercices de raisonnements puissent être faits, à dose homéopathique (toujours pour préserver la moyenne des élèves) en collège. Beaucoup trop d'élèves sont incapables d'observer correctement un document, à commencer par le titre même du-dit document, souvent source d'informations, voire contenant parfois la réponse. Les élèves se conduisent telle la pie qui est attirée par tout ce qui brille, les couleurs et les formes du document dans le cas présent. Si on n'est pas capable d'effectuer une bonne observation d'un document, comment l'interpréter?
Lire les questions. Autre problème criant, et ce, quelque soit le niveau de l'élève. Dès qu'une question est trop longue, on zappe. Dès qu'on pense avoir trouvé la réponse même si on n'a pas fini de lire la question, on écrit la réponse (et on en oublie la moitié, voire on répond à côté). Il est extrêmement difficile d'obliger les élèves à lire entièrement le sujet une première fois avant même de penser à répondre. Un collègue m'avait donné une méthode qui ne marchait pas trop mal en collège : lors de chaque devoir surveillé, les 5 ou 10 premières minutes étaient consacrées uniquement à la lecture du sujet, les élèves pouvant poser des questions liées à la compréhension éventuelle des questions ou des mots utilisés (leur vocabulaire n'étant pas forcément très riche, les tournures de phrases pouvant les gêner, ce qui nous renvoie à l'un des points précédents). Ensuite, le reste du temps, aucune question n'était admise. Si on peut se permettre ce genre de chose en collège, puisque ça fait parti de leur formation méthodologique après tout, en lycée il est décourageant d'être obligé, parfois, de faire la même chose.
Respecter des consignes, une variante du point précédent. Je me place ici dans le cadre d'une séance de travaux pratiques. Un élève qui a des difficultés (réelles ou liées à la volonté de ne pas fournir d'effort) en français, qui ne lit pas les consignes entièrement et qui ne connaît pas son cours aura parfois du mal à respecter ces consignes et donc ne pourra pas faire la manipulation correctement. Par contre, si vous dites que c'est noté, alors là oui, ils lisent mieux, mais ne manipulent et ne répondent pas forcément mieux, même si la manipulation a été réalisée plusieurs fois avant.
De toute façon, les élèves apprécient beaucoup les manipulations en SVT, se plaignent quand il n'y en a pas assez.... mais aussi quand il y en a trop à leur goût. On a l'impression que, quoi qu'on fasse, ils ne seront jamais contents. Une bonne manipulation pour un élève étant une dissection sans protocole ou tout ce qui peut leur permettre de donner dans le spectaculaire comme à la télé de manière générale.
Bref, comme on peut le voir, la route menant vers les bonnes notes est difficile et seuls les élèves qui ont réellement envie de s'en donner la peine y arrivent. Et ce que je viens de dire pour les SVT doit être applicable pour d'autres disciplines : la rigueur est la clef essentielle pour réussir, la volonté de réussir étant l'autre clef : avoir l'une des deux ne suffit pas. Alors, à cultiver la facilité pour ne pas décourager les élèves, on en arrive à en faire des paresseux intellectuels qui ne veulent pas fournir le moindre effort dans la mesure ou ils ont l'habitude que tout leur tombe dans le bec. Oui les notes que je donne ne sont pas terribles, mais elles seraient pires si j'appliquais strictement ce que je viens de dire. A l'heure actuelle, il est illusoire d'espérer avoir une copie sans faute de grammaire ou d'orthographe. D'ailleurs, regardez les blogs (en particulier les skyblog et autre blogspot), la plupart sont tenus par des jeunes gens en collège (rarement) et en lycée (plus souvent). Il n'y a strictement aucun enjeu lorsqu'ils écrivent un billet pour exprimer une envie, une opinion quelle qu'elle soit, et pourtant, c'est truffé de fautes, d'inexactitudes, de contradictions et j'en passe. Comment est-ce possible à l'heure ou les logiciels de traitement de texte permettent de corriger beaucoup d'erreurs? Soit ils ne savent pas l'utiliser, soit c'est trop long, et de toute façon, ça sert à quoi de se relire?
Commentaires
Tu as tout à fait raison. Tout ce que tu dis se retrouve chez la plupart des élèves en classe de seconde; et nous tentons, tant bien que mal, à "élever le niveau" (il faudrait baisser le socle de l'estrade ...).
Ce ne sont pas les enseignants qui sont en cause, ni les élèves, mais le système qui n'encourage pas les élèves à travailler. Et la réforme ne va pas arranger les choses...
Voilà un beau billet qui aurait le mérite de se retrouver en annexe dans les bulletins des élèves. Force est de constater que la génération actuelle de jeune est plus que déplorable, sous tous aspect. L'égocentrisme, l'incivisme et l'irrespect sont des valeurs fortes qui prime de nos jours. De toute façon, qui voudrait changer cela ? Parents démissionnaires, TV trash et musique lobotomisante, quoi de mieux pour entretenir cette jeunesse fière d'être conne et totalement inculte ?
Oui je sais, je suis un peu brute dans mes propos mais y en a marre de devoir se voiler la face. Né en 1980, et donc âgé de 25 ans à peine, il est navrant de constater que les valeurs d'antan (non, ce n'était pas mieux avant, mais au moins, on était éduqué et on avait le respect d'autrui) sont aujourd'hui oubliées. Mais le pire est à craindre : n'oubliez pas que c'est cette génération qui fera le monde de demain... et là, inconsciemment, on a comme un léger froid dans le dos.
Raaaaaah. Je m'en vais de ce pas prendre mes calmants... :]
D'après ce que j'ai pu lire, je ne suis pas le pire en orthographe ... 57% du dernier brevet on obtenu 0 à la dictée. Il faut croire que le niveau des écoles diminue ou alors que les professeurs ne sont pas aussi compétents qu'avant ou tout simplement : que le ministère de l'éducation nationale est toujours aussi nul.
Certains professeurs tentent de rattraper les lacunes en instaurant des points sur comment sont écris les mots, mais est-ce la solution ?
Oui, les jeunes d'aujourd'hui ne respectent rien, oui il n'y a plus de respect de ces bonnes vieilles valeurs d'antan que je n'ai pas connu sortant tout juste du bac 2004, mais sans m'opposer à ce qui a été dit, est-ce entièrement notre fautes, à nous les élèves ? C'est loin d'être le cas, le problème est complexe et l'émergence de tout ces moyens de communication et de la TV spectacle ou rien ne laisse la place à l'ennui est en cause. Ce ne sont pas vraiment les élèves qui ont changé mais leur environnement. On est habitué à regarder des programmes faisant tout pour éviter un quelconque ennui, une trop grande complexité, les émissions "scientifiques" qui sont rares sont vulgarisées à l'extrême et les chaînes dites culturelles accessibles depuis la touche 5 (France 5, puis Arte prend le relais à 19h) sont réservées aux "intellos". Le tchat sur internet et le langage SMS ne font plus qu'un et ça ne sert vraiment pas la langue. Pour une raison simple : personnellement à force d'employer ce type de communication des mots simples et courant deviennent difficiles à orthographier, et là j'ai le dico à portée de main simplement parce que j'aime écrire sans faire (trop) de fautes, même si il y en a toujours qui trainent sans relecture ou par manque de connaissances, mais ce plaisir est peut être en voie de perdition et l'éducation nationale devrait repenser l'éducation, dans le sens de la rigueur de ce point de vue là, en cherchant à contrer l'effet SMS...
Tout ce blabla pour dire que selon moi, l'univers de l'élève à changer, les moyens de s'égarer en route lorsqu'on fait ses devoirs sont vite trouvés : ordinateur, télévision, jeux vidéo, musique et j'en passe. Il y a des comportements à recréer, un peu oubliés (mais pas tant que ça au fond, on sait encore parler ;) ) et je me doute bien que c'est désespérant du point de vue "prof" qui voit mieux que quiconque l'ampleur du changement chez les djeunz (:-D). Bon il est certain que j'ai occulté pas mal de points importants, mais il y a tant à écrire là-dessus...
Au fait j'en profite pour vous dire M. Bonhomme que vous avez été un bon professeur, et que ce que vous faites ça prépare très bien au bac, donc merci et désolé d'avoir été un mauvais élève qui n'avait pas beaucoup de volonté en SVT. Bonne continuation.
En ce qui concerne "apprendre les leçons"... bein pour moi ça coince quelque part.
Il y a certainement quelque chose qui m'échappe, mais j'ai l'impression de vraiment devoir apprendre _par coeur_ des données à n'en plus finir (le pire ayant été Première et Terminale S), pour pouvoir ensuite tenir des raisonnements qui consistent en de simples syllogismes (on a X - on a Y - donc on aura Z). Ce n'est pas vraiment un reproche aux SVT : on doit connaître les bases dans toutes les matières... mais je suis (pour mon propre cas) toujours arrivé à me débrouiller en écoutant les cours à mémoriser le nécessaire pour faire les devoirs...
Cet enseignement sorti des livres ou de la bouche d'un prof - si bon pédagogue qu'il puisse être - est assez lourd à digérer (ne serait-ce que pour le vocabulaire à maîtriser sur le bout des doigts) gagnerait certainement à être allégé : pourquoi, par exemple, avec casé immuno et reproduction en Terminale S, alors que ce sont des sujets très vastes, dans un programme qui est déjà plein à craquer ? J'ai ma petite idée là-dessus, mais bon...
Les programmes surchargés sont un problème dans bon nombre de matières...
"Voilà un beau billet qui aurait le mérite de se retrouver en annexe dans les bulletins des élèves. Force est de constater que la génération actuelle de jeune est plus que déplorable, sous tous aspect. L'égocentrisme, l'incivisme et l'irrespect sont des valeurs fortes qui prime de nos jours. De toute façon, qui voudrait changer cela ? Parents démissionnaires, TV trash et musique lobotomisante, quoi de mieux pour entretenir cette jeunesse fière d'être conne et totalement inculte ?"
C'est vrai que beaucoup de choses changent en très peu de temps mais cette génération dont tu déplores ses lacunes, habitudes et qui ne pense qu'a soit sera celle qui te paiera ta retraite...ou qui ne voudra pas te la payer ;)
Bonjour Collègue
Je suis aussi un enseignant de svt, du côté de Pau, dans un collège de centre-ville. Tout ce que tu écris, je le vis et je te félicite d'avoir réussi à démêler un écheveau aussi complexe et illisible.
J'essaie de demander quelques efforts à mes collégiens, qui ne sont dupes de rien et n'ont que du mépris pour certains collègues qui les couvrent de bonnes notes sans leur demander le moindre effort. C'est là un bon moyen d'acheter (pas cher...) la paix sociale. Ainsi, lors des rencontres avec les parents d'élèves, ces collègues (peu nombreux) ne voient aucun parent : tout va très bien, Madame la Marquise...Lors de ces mêmes rencontres, je reçois énormément de pères et de mères, très surpris des résultats faibles de leurs petits, alors que jusque là, tout le système leur répéte à l'envi que leur fils/fille n'est pas géniale mais presque... Je résume cet état de fait à un seul mot : la démocraSSie avec deux s. Attention, ne vous méprenez pas, je ne suis pas un sombre réactionnaire anti-républicain mais un citoyen lambda qui se demande de quoi sera faite la suite.
Encore bravo, cher collègue !!!
Bonnjour, je suis tombee sur votre blog en faisant une recherche de cours de SVT sur internet, car je trouve le livre que mon fils utilise au college assez nul (SVT 3e edition Belin, directeur d'ouvrage Andre Duco)
mon fils est irlandais et nous sommes arrives en France il y a un an; il ne parlait pas francais mais il a atteint un niveau qui lui permet a peu pres de suivre les cours.
auriez vous la gentillesse eventuellement de me conseiller un autre livre? je trouve les lessons dans son livre trop sommaire, ca n'explique pas bien, en particulier la section sur l'heredite, les chromosomes, etc. J'essaye de l'aider mais j'ai du mal a comprendre et il n'a pas beaucoup de notes prises pendant les cours (il me dit qu'il a note tout ce qu'a ete dit et ecrit par le prof au tableau mais il est possible qu'il rate des commentaires car ce n'est pas evident pour lui de tout comprendre en francais
merci d'avance et apologies pour le manque d'accent - assez difficile sur un clavier de portable
Bonjour,
je réagis à ce petit texte tout aussi juste qu'interessant. Actuellement j'enseigne en Guadeloupe et ce que vous dites y est encore plus criant de vérité qu'en Métropole. Les réponses dans les devoirs sont à la limite du compréhensible (mélange de Créole et de Français, phrases tronquées), il n'est même plus question de fautes d'orthographe. Les petites manip sont difficiles à mettre en oeuvre : pas de matériel et en plus les élèves déjà peu dans une logique de travail se démobilisent complètement. Ils considèrent la manip comme un amusement sans aucun rapport avec le cours. Une fois rentrés chez eux ils n'ouvrent même pas leur sac, les leçons ne peuvent donc pas être apprises. Enfin impossible de finir un programme déjà trop charger puisque tout prend beaucoup plus de temps. Le résultat, je l'ai sous les yeux puisque j'ai aussi à ma charge une première S. Les élèves y ont des lacunes incroyables : comment faire comprendre la notion de potentiel d'action à des élèves qui n'ont même pas une idée de ce qu'est un neurone.
Pourtant certains élèves sont extrêmement brillants mais personne (ni les parents, ni les collègues) ne semblent vouloir remettre en cause ce manque d'implication dans le travail scolaire.
En résumé, félicitations pour ce texte qui résume clairement ce que le politiquement correcte ne veut pas admettre.
Bonjour,
Je suis parent d'une élève en première S. Ma fille a beaucoup de difficultés cette année en SVT alors que les autres années même s'il faut l'avouer, c'était moyen, cela ne m'inquiétait pas trop.
Cette année, rien. Elle apprend ses leçons, fait des exercices avec moi le week-end, discute du sujet étudié (j'ai un bac S). Et puis au contrôle, rien ne sort, ou plutôt rien de demandé ne sort.
Le fameux hors sujet qui vous donne un 4 sur 20 ( pour l'encre et la feuille).
Les sujets sont de type BAC pour les préparer à l'année prochaine (l'obsession récurrente de l'examen à l'Education Nationale. On n'y vit jamais dans le présent)
Que faire?
- Demander de l'aide au professeur qui n'a pas de temps à consacrer vu la charge de travail qu'il a , les nombre d'élèves à gérer et le programme à terminer (je veux bien la croire).
- Faire des exercices dans le manuel où il n'y a jamais les réponses ou un semblant de plan pour voir si on fait fausse route.
- Bachoter : Il est difficile de trouver des annales correctes en SVT pour les premières S.
Alors il y a les contrôles qui s'enchaînent avec toujours la même évaluation : Vous ne traîtez pas le sujet.
Je ne parle pas de l'utilisation du vocabulaire (jargon) qui s'il n'est pas correct même si l'idée est juste sera inexorablement santionnée.
Alors peu à peu ma fille s'enfonce et se démotive car personne ne semble capable de l'aider.
Les SVT qu'elle adorait au collège devient un cauchemar.
Mon analyse est que comme beaucoup elle ne sait pas déchiffrer le sujet et ses subtilités, voir la problématique, délimiter le domaine et par la suite en tirer un plan.
Ma question, quand lui a-t-on appris à faire cela? Je n'ai pas souvenir de travail sur ce genre d'exercices, sauf l'année dernière un peu en Français.
Alors pour ma fille, les seuls exercices sont les contrôles. Le reste, c'est du cours développé de manière linéaire (alors quand il s'agit de faire une synthèse). Une feuille expliquant comme développer un sujet type ne suffit pas quand le travail en amont n'a pas été fait.
Elle passera donc en Terminale S (option physique).
Elle apprendra pas coeur tous les sujets possibles dans les annales et leur plan.
Elle croisera les doigts pour tomber sur un sujet ressemblant et éviter le hors sujet.
A moins que son chemin croise un pédagogue qui saura la débloquer en comprenant sa forme d'intelligence et ses blocages.
Merci à tous ceux qui n'ont pas baissés les bras et qui apportent de l'aide à leurs élèves.
Cordialement.
Je suis enseignant en physique...et je trouve lamentable votre façon d'enseigner !! J'ai été choqué par le dogmatisme avec lequel vous traitez l'enseignement en svt : si les notes ne sont pas correctes , c'est la faute à l'élève : allez enseigner à Henry IV , cher collègue...ou posez vous quelques questions sur votre pédagogie... Quel sont les buts, objectifs et "problématiques" qui vous sont si chers ? Appliquez à vous même ces "nouveautés " qui reviennent régulièrement tous les 20 ans. Si j'ai bien compris , qu'un élève ait une mauvaise note, est normal ! Un raisonnement pareil ne se trouve que dans un manque de reflexion , vous faites en svt une série d'erreurs pédagogiques flagrantes , relayées par vos inspecteurs , peu au courant de la réalité d'un élève de lycée et surtout par certains de vos collègues qui croient -d'un seul coup- avoir trouvé la solution !!(Sur des milliers d'enseignants et d'heures d'enseignement, un collègue, lui, a trouvé "LA" solution : quel manque de lucidité et de modestie!!).
- c'est une sciences et vous vous prenez pour des profs de français ..
- vous demandez un travail de recherche et de synthèse , la synthèse ne se fait que très tard (Réfléchissez, vous êtes encore en train de la faire pour certaines parties de votre sciences...ou alors vous avez la grosse tête!)...
- votre cours regorgent de termes sans définitions précises et de mots compliquées pour les élèves (Je fais la même chose avec mes élèves , j'en perds 90%!!)
Ma réaction est vive, certe, mais ou votre but est élitiste et vous n'avez pas de place dans l'éducation nationale ou vous voulez réellement arriver à des résultats et il faut changer : réviser votre problématique.....
Un collègue et parent (un peu)! énervé !
A l'attention de Nic, notre collègue de physique.
Je ne veux pas soulever de polémique idiote mais je tiens à préciser que la discipline pour laquelle l'écart de notes est le plus important (à la baisse) entre le collège et le lycée est la physique-chimie. Ceci à l'échelle nationale.
Il semblerait que certains problèmes évoqués dans ce blog ne se posent pas que en svt...
A bon entendeur...
Vous devez bien vous entendre avec votre collègue de physique...mais je ne sais pas d'ou vous tenez vos chiffres ...(la différence entre 3ieme et seconde en physique et j'apprécierais connaitre l'origine de vos sources, j'espère qu'elles sont autres que personnelles !) mais l'évaluation des sciences physiques ne peut être que très peu différente de la 3ième à la seconde pour la bonne et simple raison que le programme en seconde , lorsqu'il est appliqué correctement , ne présente que peu de problème pour un éleve moyen .(Il a d'ailleurs été créé dans ce sens , ce qui ne veut pas dire que je suis d'accord avec son contenu). Dans mon lycée: notes SVT moyenne 7, notes physique moyenne 10. Je pense qu'il faut effectivement polemiquer (idiot, pensez-vous ? encore du dogmatisme!) : il faut se poser la question si LE NIVEAU DEMANDE A UN ELEVE EST EN RAPPORT AVEC L'ENSEIGNEMENT QU'ON LUI DONNE , et s'autocritiquer: c'est trop facile de rejeter sur les autres, nous sommes responsables de l'enseignement même si le système éducatif et les programmes tout au long de la scolarité ne sont pas satisfaisants (Il suffit simplement de poser la question à un élève:" pourquoi n'as-tu pas réussi si tu as travaillé ? ") . Je ne suis ni un pédago et encore moins un démago mais mon but n'est pas que les élèves me considère comme un gourou qui sait tout (alors que eux ne savent rien, Ho, mon dieu , les ignares! ;-) ) mais réellement les monter au niveau désiré : souvent un bon professeur est bien considéré parce qu'il "donne " des mauvaises notes, pour moi c'est plutot , l'inverse : il n'a pas réussi à atteindre ses objectifs !! (Et je ne parlerai pas de l'effet dévastateur des notes sur un élève : cf le monde l'éducation, février ou janvier de cette année)
Il impossible , statistiquement, d'imaginer la plupart des élèves FONDAMENTALEMENT comme vous les décrivez dans votre Blog ( Un peu décérébré.. ) sinon notre civilisitation et vraiment sur le point de s'effondrer !! (J'ai d'ailleurs accrochée à mon mur une maxime datant de 3 000 ans av JC ou il est question de jeunesse paresseuse et malfaisante, incapable de préserver notre savoir ...) .
...Une fois , j'ai entendu des parents dire à leur progéniture : "tu es mal élevé!"...par qui ?
Recentrons le débat
En fait, Nic et M. Bonhomme ne parlent pas de la même chose.
Le blogueur dit que ses élèves ont du mal à progresser parce-qu'ils sont dans l'instant présent, parce-qu'ils ne voient pas plus loin que leur bout de nez. C'est un pamphlétaire !
Nic prétend que c'est l'enseignement même de SVT qui pose problème et lui seul. C'est un polémiqueur.
Soyons sérieux. Nul ne prétend que toute la jeunesse est bonne à jeter aux orties. Nul ne prétend avoir tout compris. Les enseignants de SVT ne veulent pas (et surtout ne peuvent pas) se substituer à leurs collègues de français.
Ce que je demande à mes élèves (j'enseigne les SVT en collège), ce n'est sûrement pas de faire la synthèse à ma place, ni de construire intégralement leur savoir sous mon regard narquois. Mon but n'est pas de les coincer. Mon but est de les faire progresser, pas de les flatter ni de m'adapter coûte que coûte à l'air du temps. D'ailleurs, nombreux sont les élèves qui y parviennent. Que cela soit clair.
Je constate simplement, comme M. Bonhomme, qu'il leur est très difficile de se faire comprendre. Que leur esprit peut être fécond mais que beaucoup sont incapables de s'exprimer correctement. Pour certains, assez nombreux, les lacunes en orthographe, en grammaire sont telles qu'ils sont INCAPABLES de formuler clairement leurs idées. On pourrait croire que c'est mieux à l'oral. C'est partiellement vrai, l'oral nécessitant de très nombreuses mises au point de l'enseignant. Ceci est un fait. Nic ne peut pas prétendre ignorer cela. A moins que l'exercice du métier en lycée ne "protège" de ces élèves, malheureusement relégués, bon gré mal gré en voie pro.
Je suis assez révolté de voir que mes collègues de SPC ont éludé ce problème en proposant quasi-systématiquement aux élèves des TP "fiche de cuisine" et des évaluations sous forme de textes à trous. "Vous ne savez pas écrire ? Qu'à cela ne tienne, vous remplirez des cases...". Et c'est maintemant un autre collègue de SPC, enseignant en lycée, qui nous désigne comme dogmatiques et élitistes !! Laissez moi rire.
Les sciences à l'école doivent rester formatrices. Les sciences expérimentales doivent allier la qualité du geste, l'intelligence du geste et l'expression claire de la démarche. Les SVT cherchent à avoir cette ambition. Les SPC l'ont-elles toujours ? L'écart des résultats entre collège et lycée en SPC (source : le Monde de l'éducation) montre que les difficultés de nombreux élèves sont éludées au collège en SPC. Ces difficultés persistent donc et se révèlent très douloureuses pour les lycéens. Mais Nic semble avoir trouvé la solution-miracle... Tout le monde réussit chez lui. A part ça, il n'est pas démago. Ben voyons...
Moi, ce que je constate en lisant Nic c'est l'image donné par la profession d'enseignant : votre discipline est nulle, ceux qui l'enseigne le sont aussi, c'est moi le meilleur... et on passera rapidement sur tout ce qui est dénoncé dans le premier message et qui pourrait pourtant s'appliquer à l'auteur lui-même en particulier et non à la discipline en générale. Personnellement, j'enseigne les SVT, je connais bien sûr les programmes de physique-chimie, je connais les lignes directrices données par les inspecteurs (qui sont à géométrie variable selon l'académie ou on se trouve, au passage), mais en aucun cas je me permettrais de balancer à la face d'un enseignant de votre discipline que ce qu'il enseigne est faux, imprécis, dogmatique, anti-pédagogique dans la façon, et j'en passe, tout ça parce que l'enseignant de la discipline en question que doit supporter mon fils/fille est nul parce que je sais tout sur tout... Voilà l'impression que j'ai eu en lisant vos propos Nic (D'ailleurs, si vous avez un problème avec les SVT en général, ce n'est pas la peine de vous fatiguer à venir troller ici).
Accessoirement, ce blog, contrairement à ce que vous dites, n'a pas vocation à dire que les élèves sont décérébrés, c'est une interprétation facile que je refuse qu'on m'attribue. Il se contente de souligner des points posant problème dans la discipline que j'enseigne et seulement celle-là. Ces observations sont le fruit, comme je le souligne, de mon expérience personnelle (moi je ne suis réellement pas démago). Est-ce que je suis un prof nul? Sans doute à vos yeux, quoiqu'on peut se demander ce qu'est un bon enseignant en fait puisque la définition est fonction de la personne ou de l'institution qui la pose...
Maintenant, si l'enseignement se résume uniquement à la note, il y a comme un problème : pour moi, le but de l'enseignement, dans le secondaire en tout cas, est de faire acquérir un maximum de clés, de points de repères, sur fond de construction d'un esprit critique et le plus autonome possible, afin qu'un élève donné puisse se débrouiller le plus sereinement possible dans la suite de ses études (entre autre). Alors s'il faut passer par la case ''attribution de bonnes notes systématiquement'', c'est mentir aux élèves et à soit même donc c'est un manque d'honnêteté intellectuelle (car ça ne signifie pas que les objectifs ont été atteints non plus), même si on se fait bien voir par l'administration de son établissement. En aucun cas les notes des élèves définissent la qualité d'un enseignant, mais plutôt les capacités atteintes par un élève. Alors c'est sûr que si, dans un calcul par exemple, on n'exige que le résultat correct pour attribuer les points, on n'évalue par grand chose, alors que si on exige le raisonnement (exprimé correctement) en plus, là l'évaluation est plus intéressante, puisqu'elle fait appel à de l'expression écrite, parce que je ne comprends pas comment on peut exprimer une réponse sans devoir utiliser du français.
N.B. : retour des commentaires, j'ai été un peu sec sur la modération du spam sur le blog. Désolé pour l'éventuelle gène occasionnée.
à M.Bonhomme,
J'ai secoué un peu la profession et votre discipline en particulier pour une raison simple : je ne crois pas que le contenu soit adapté à la majorité des élèves puisqu'ils peinent à suivre et il n'y pas besoin d'être omniscient pour le constater. Un peu comme si on faisait suivre un entraînement de haut niveau à un jogger du dimanche, puis on le classe au niveau demandé : il n'a aucune chance d'espérer la moyenne .Le problème se pose en 1iere et Terminale dans ma discipline mais on ne peut attribuer les difficultés des élèves, simplement a leurs capacités de travail et à leur manque de réflexion.
Autant je suis à peu près d'accord sur le constat que vous avez fait sur les élèves, autant la conclusion/relation que vous en tirez au point de vue note (et c'est le titre de votre réflexion écrite) m'a fait bondir comme il l'aurait dans une autre discipline. Vous savez autant que moi (et je ne l'ai jamais mis en cause) que la note n'est effectivement pas une finalité mais si vous discutez avec les familles et les élèves, pour eux, c'est LA référence. Mettre à un élève un " 5 " , ce ,n'est pas lui dire " tu as un petit niveau , mais tu vas augmenter " mais c'est lui dire "tu es nul ! ". Posez leur la question , les élèves en difficulté ont une image d'eux même lamentable .
Est-ce que de connaître son niveau permet de progresser ? D'après ce que j'ai compris, c'est votre fil directeur et ce n'est pas contestable. Ce qu'il l'est par contre, c'est de les mettre dans une situation d'échec en leur proposant de les évaluer sur un niveau qu'ils ne pourront jamais atteindre malgré leur efforts parce qu'ils n'ont pas été formé pour, que ce soit présentement ou antérieurement. Je ne parle pas en tant que parents (aucune difficultés chez mon fils de 17 ans) mais essayez d'aider un élève en difficulté dans une autre matière que la votre avec un professeur dont la moyenne générale n'excède pas 7/20 , quoiqu'il arrive, faites juste un essai.
Un dernier mot sur l'expression écrite : la, nos disciplines divergent et en SPC nous sommes plus proche des mathématiques que des SVT et l'expression écrite, toujours indispensable - bien sur - ne fait pas partie nos critères d'évaluation. Les SVT ne sont pas une matière simple ne serait ce que pour les phénomènes à expliquer et l'ensemble du langage spécialisé utilisé : pourquoi demander en plus à nos élèves la difficulté supplémentaire d'un commentaire sur une étude de documents ? Un travail de rédaction est certes nécessaire et formateur mais est-il vraiment fondamental dans cette matière ? A vouloir trop , n'obtenons nous pas moins ? Voici quelques questions que je me pose et j'aimerai avoir votre avis
J'avoue avoir raisonné comme vous au début de ma carrière quant aux notes et puis un jour je n'ai plus eu peur comme me traite de démagogue.
Si l'enseignement scientifique ne m'intéressait pas et les SVT en particulier , je n'aurais rien à faire dans ce Blog effectivement . J'apprécie que notre discussion reste courtoise et que la réflexion soit de qualité...tout au moins avec vous.
Cordialement
Ah, je préfère cette formulation :)
Bon, effectivement, tout le problème des SVT, principalement en lycée, est de faire comprendre aux élèves que pour avoir de bonnes notes en SVT, il faut avoir une bonne maîtrise du français, mais également une bonne maîtrise de ce que j'appelle la démarche scientifique : observation / problème / hypothèse(s) / expérimentation / analyse de(s) l'expérience(s) / conclusion... en tout cas, pour résumer, de bonnes capacités d'abstraction. Quelqu'un qui ne connaît pas les BO (de SVT) se dit que c'est un truc de fou (n'ayons pas peur des mots), et pourtant, ce sont des compétences qui sont abordées, morceaux par morceaux, très progressivement, depuis la classe de sixième! Au lycée, on est donc censé avoir des élèves ayant une maîtrise convenable de tout ceci, et pourtant... Alors je ne vais pas me lancer ici dans deux autres débats qui d'une part consiste à s'interroger sur le niveau de respect des textes officiels par les enseignants (il y a des personnes qui sont là pour veiller au grain et qui sont payées pour ça), et d'autre part consiste à s'interroger sur les passages d'une classe à l'autre qui, dans les cas litigieux, sont malheureusement bien souvent plus liés aux envies de la famille plutôt qu'aux capacités du(des) élèves en question... Le fait est que l'on manque de scientifique en France, le fait est également que les SVT ne sont, en seconde, pas une discipline de détermination de ce point de vu, même si on pourrait très facilement le faire. Voilà, donc tous ces points que je n'ai pas abordé, et pourtant ils expliquent, dans certains niveaux (première et terminale S), une bonne partie des notes de certains élèves. Mais arrêtons là les possibilités de polémique :)
Ma façon de voir l'enseignement de SVT est celle qui consiste à m'appuyer sur ce qui est censé avoir été vu donc qui est censé être acquis. Ensuite je m'efforce d'obliger les élèves à travailler régulièrement et éviter qu'ils tombent dans le travers ''j'apprends juste pour les contrôles'', ce qui se fait très facilement dans une séance par le biais de questions ciblées à l'oral (on a vite fait de voir qui a appris et compris son cours ce qui permet de corriger éventuellement le tir) sans tomber non plus dans l'interrogation orale pure et dure (systématiquement perçue comme une injustice ou un manque de chance par beaucoup trop d'élèves). A partir de là, le travail consiste juste à apporter de nouvelles connaissances en ayant recours à cette démarche expérimentale. Alors oui, le côté qui est parfois agaçant c'est cette nécessité, apparemment propre aux SVT, de devoir tenter de quasiment tout démontrer d'une façon ou d'une autre. Bon! Et bien c'est comme ça, il faut faire avec.
Pour les notions abordées, soyons clairs, mise à part en section scientifique (et encore, surtout en terminale S), on ne va pas bien loin et on résume beaucoup de choses, même si la tentation est parfois grande de vouloir se faire plaisir en détaillant un peu plus une partie qu'une autre (c'est d'ailleurs obligatoire en seconde).
Alors oui, surtout en section scientifique, il y a beaucoup de choses à voir, lesquelles ont tendance à se compliquer en prime. De plus, il ne faut pas oublier que les élèves passent de 1H30 de SVT par semaine, et ce depuis la sixième (avec un bonus de 30 minutes en seconde), à 2 heures de cours et autant de travaux pratiques : en gros ils passent de l'homéopathie au traitement de cheval, et ça, ça fait toujours mal. Certains parents à qui on avait tenté d'expliquer ce qu'était une première S, reviennent vous voir en vous disant quelque chose comme ''si on nous avait dit que c'était aussi difficile, on ne l'aurait pas envoyé en première S'' (je vous laisse apprécier la formule)... Bon mais là encore on n'explique pas tout non plus, ce serait trop facile (et surtout je n'aurais pas fait un billet aussi long :) ).
La notation en SVT, pose problème (je trouve le mot trop fort, mais bon) principalement dans les sections scientifiques, car les élèves doivent bien comprendre qu'il est temps de décloisonner (si ça n'a pas été fait avant) : les SVT se rapprochent de la littérature (scientifique) par certains côtés, ce qui fait qu'un élève scientifique pur et dur (le genre qui n'apprécie pas trop les disciplines littéraires) n'est pas assuré d'avoir une meilleure note qu'un élève sans doute moins scientifique (c'est à dire avec des capacité d'abstractions inférieures) mais ayant de meilleures capacités dans l'expression écrite. Certains ont vraiment du mal à le comprendre. De même, et là c'est plus préoccupant, que beaucoup ont l'habitude d'oublier d'indiquer le chemin suivi pour obtenir un résultat numérique (même chose pour les graphiques, mais j'en parle dans un billet plus récent), ou encore ne comprennent pas qu'en SVT également les (rares) équations chimiques proposées et à connaître se doivent d'être équilibrées...
De plus, les contrôles que je peux donner sont ''calibrés'' pour qu'un élève moyen arrive à faire les 2/3 des exercices et ait une note comprise entre 8 et 12. Je ne peux pas être plus précis dans cet écart type, car cela dépend des ''goûts et des couleurs'' de l'élève (ils n'aiment pas tous les mêmes parties du cours), de son état de stress... Maintenant, toujours en ce qui me concerne, si je peux aller loin dans une notion ou dans un raisonnement, en classe j'entends (tout en restant dans le cadre du BO), il est par contre très clair que le but des contrôles que je donne n'est pas de massacrer les élèves, mais il n'est pas non plus de leur faire croire qu'ils possèdent un niveau qu'ils n'ont pas. De ce point de vue, une rencontre avec les parents pour expliquer le pourquoi des notes d'un élève a effectivement parfois un effet ''dé-stressant'' pour les parents.
Voilà pourquoi pour moi les notes de contrôles, comme celles de travaux pratiques, sont des indicateurs de niveaux (sous réserve qu'on ne regarde pas uniquement la note globale, mais bien le détail des notes - oui mais feuilles de notes OpenOffice Calc sont plutôt grosses :) ).
L'élève qui est en échec, l'est également dans d'autres disciplines, mais il doit ainsi théoriquement progresser. Le problème est que les raisons d'un échec sont potentiellement nombreuses et ne se limitent pas aux seules SVT.
Par contre l'élève qui est en échec (hors accident de parcours donc) uniquement en SVT (ce qui est plutôt rare), ne le reste pas longtemps.
Dans ces deux cas, ce que j'ai dit dans mon billet reste donc valable à mon sens. Mais bon, je ne pensais pas avoir tourné ce billet pour qu'il soit pris ainsi, je pensais plus avoir tourné la chose sous forme d'une sorte de listing de toutes les situations que j'ai pu rencontrer expliquant pourquoi beaucoup de points ''manquaient à l'appel''.
Bien joué les collègues...
Tout d'abord, bravo M. Bonhomme pour votre perspicacité! Vous avez, en effet, dressé une liste exhaustive des difficultés trop souvent rencontrées lors de l'évaluation des élèves en SVT. Je fais face, avec vous, à cette vague frontale déferlant chaque année et essayant de balayer les derniers vestiges de la rigueur au sein de l'éducation nationale (c'est une image bien sûre, humour!), tel un Tsunami!!!! Et je peux vous dire qu'il faut s'accrocher ferme à sa ligne de conduite...
J'ai eu, l'année dernière, une discussion sur les notes attribuées aux élèves, avec des collègues, après avoir fait un devoir commun. Il est parfois difficile de justifier qu'un élève n'a pas la totalité des points car sa phrase ne veux rien dire, même si le mot clef ou la notion demandée est présente, parfois noyée dans une soupe de mots... (C'est vrai qu'il est plus agréable de dire que sa classe est bonne, plutôt que l'inverse)
L'expression écrite peut être vraiment affligeante dans les grandes classes (premières, terminales, supérieur...) et les réformes qui ont touché les petites classes (primaires) depuis 15 ans en sont pour quelque chose.... A croire que le travail est une maladie sénilisante ou un stupéfiant particulièrement nocif! Il est clair que les professeurs de français du collège ont fort à faire dès l'arrivée de ces chérubins dans la secondaire et la tâche semble veine...
L'environnement social dans lequel l'établissement se trouve est un facteur déterminant du niveau d'expression (écrite) et de réflexion des élèves (comme l'a indiqué Netpaco). Mais ce qui est choquant, c'est la différence de niveau entre l'oral et l'écrit. Un bon élève, qui participe et s'exprime convenablement à l'oral peut écrire des choses impressionnantes sur sa copie, sans compter les abréviations en tout genre (génération SMS). C'est un fait que j'ai énormément de mal à comprendre, comme si l'élève ne pouvait se concentrer sur une phrase; du style vite fait, mal fait! l'argument principal des élèves est de dire que: "le professeur voit bien ce qu'il veut dire!"
J'essaye de les responsabiliser par rapport au comportement qu'ils ont aujourd'hui, et celui qu'ils devront avoir dans leur vie active (par rapport à leur futur patron et à leurs devoirs vis à vis de lui). Non pas que je sois moi même un patron ou qu'ils soient des petits employés modèles, ça serait vite chiant!!!!! Mais il faut qu'ils comprennent qu'ils posent les bases de leur comportement futur (même si celui-ci n'a rien d'irréversible) par rapport à la manière d'appréhender leurs devoirs et leurs responsabilités.
Evidemment, le français n'est que l'outil qui permettra à l'élève de répondre aux problématiques de l'ensemble des disciplines, de développer un esprit critique, mais il est devenu le facteur limitant (et déterminant) dans l'évaluation des connaissances. Ce problème amène une sorte d'inégalité entre les élèves qui se ressent bien au dela du cercle scolaire...
Enfin, je ne rentrerais pas dans le débat de M. Nic qui n'a pas dû lire l'énoncé jusqu'au bout....
Bonne SVT à tous.
Bonjour,
J'interviens seulemen tpour poser une question simple: à quoi doit-on se limiter en 3eme avec les élèves dans la partie concernant les chromosomes.
Est-il judicieux de parler et de faire faire des recherches aux élèves (parfois longues) sur les problèmes liés à l'hybridation (mule, et autres, en demandant de trouver des graphiques explicatifs, etc...), et à la multiplication des lapins de souches différentes ? Ou faut-il rester dans le domaine de "l'humain" ?