Les félins peuvent attraper la grippe aviaire : un chat en est mort en Allemagne, sans que l'on sache réellement comment il s'est fait infecter : beaucoup pensent qu'il en a mangé (pensez-vous, les chats ne cuisent pas les piafs qu'ils attrapent avant de les manger), mais en fait la contamination par voie aérienne (via des aérosols) semble finalement la plus probable. Et s'est alors qu'on apprend que ce n'est pas le premier, d'autres avant lui l'avaient eu et en étaient morts (chats, panthères, et seul un tigre semble en avoir réchappé). Pensez-vous, quand on est nourri au poulet cru exclusivement, il ne faut plus s'étonner de rien (une sorte de remake des farines animales enrichies aux prions, à la mode asiatique). Mais ne paniquez pas, il n'y a pas de transmission félin – homme car ça n'a jamais été constaté (ni étudié). Paraîtrait que les chiens peuvent attraper la grippe aussi... sisi, c'est un journaliste qui l'a dit : en ces temps de propagation du H5N1, les chiens pourraient attraper le H3N8...

Toujours sur fond de grippe aviaire, la presse ne s'est pas faite prier pour dire que la dissémination du virus était la faute exclusive des oiseaux migrateurs. C'est bien, c'est fort, c'est vendeur! Seulement un oiseau qui contracte la grippe aviaire doit avoir du mal à effectuer une migration à priori, déjà que ceux qui ne l'ont pas n'arrivent pas tous jusqu'au bout... Et ces derniers jours pan! Des espèces non migratrices sont touchées : mais comment est-ce donc possible? C'est alors qu'on nous sert une autre vérité : la dissémination du virus serait (oui, apparition d'un subjonctif de circonstance) à relier au commerce (légal ou pas) d'oiseaux domestiques ou d'ornement... Il était temps, car les pauvres oiseaux sauvages, eux, commençaient à se faire tirer dessus comme des lapins par des cervelles de moineaux sans doute spongiformes (amis chats, vous devriez vous planquer d'urgence)! Par contre, toujours aucune information sur les moineaux et autre pigeons des villes.

Bon, encore une? C'est bien parce que c'est vous!
J'avais hésité à parler d'une note que tous les enseignants ont reçu et qui avait pour objet la grippe aviaire. Etant donné que des journalistes l'ont montré à la télévision, je n'ai plus aucune raison d'hésiter. Je ne vais pas vous exposer la totalité de cette note, dans la mesure ou elle ne contient que règles de bon sens. Ceci dit, une partie du point 4 peut-être interprétée de différentes façons : il est en effet précisé d'éviter toute activité externe aux établissements scolaire de nature à mettre les élèves en contact direct avec des oiseaux sauvages. En gros, on peut supposer, avec une telle formulation (et sans même forcer sur la mauvaise foi) que si, au cours d'une sortie de géologie un élève est victime d'un pigeon/moineau/mouette/goéland qui se soulage, ce sera forcément la faute de l'enseignant. Par contre si c'est dans la cours de l'établissement, alors il ne peut y avoir d 'infection, ou alors il va falloir confiner les élèves en classe pendant les cours :)... En prime, le fait de bien préciser sauvage implique que les oiseaux domestiques sont exempts de danger...
De toute façon, il ne fait plus bon temps manger à la cantine car selon les établissements, le poulet y est soit banni, soit en menu obligatoire afin d'aider la filière avicole. Du temps du SRAS c'était pareil : les élèves et leurs enseignants sont des héros malgré eux, quoique non en fait, les derniers étant spécialisés dans l'avalage de couleuvres.

On continue notre tour de la ferme avec l'étable : c'est le rendez-vous à la mode, après les montagnes chiliennes, pour tous les futurs coqs de combat qui devraient, ou pensent pouvoir, s'affronter sur le gallodrome en 2007. Bien sûr, ces coqs ne sont pas escortés par les traditionnels poulets d'élites (pour cause de confinement) mais par de simples boeufs-carottes (oui ça sent le réchauffé là). C'est d'ailleurs très bien vu quand les coqs rendent visite aux boeufs de la France d'en bas, car ils leur caressent le poil dans le bon sens, pour une fois.

Enfin, sinon tout va bien : les poulets ont la grippe, les moutons tremblent de nouveau, et les touristes marchant courbés reviennent de vacances de la Réunion et des quelques îles alentours. A croire qu'il n'y a pas que les giboulées de mars qui sont givrées en ce moment, parce que sinon quelqu'un aurait forcément remarqué que tous ces problèmes sanitaires, en cours et en devenir, ont pris de telles proportions par la seule faute de l'homme et de ses moyens de transports entre autre. Ou alors il faudra m'expliquer comment un moustique ne dépassant que rarement les 100 mètres de distance autour d'un point d'eau a bien pu faire pour sauter de l'Afrique à la Réunion, puis de la Réunion aux îles alentours et en Métropole... C'est juste une exemple parmi tant d'autres.